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Interview de présentation d'O tour des vignobles

Interview de présentation d'O tour des vignobles

Salut Monsieur, pourrais-tu te présenter à tous les amoureux de stylos ?

Bonjour, je représente mon entreprise « O tour des vignobles ».
Je me suis passionné pour le tournage sur bois et surtout pour ce petit objet qui est le stylo il y a maintenant à peu près 7 ans de ça, en autodidacte dans mon petit garage. 
J’ai voulu créer cet objet que je trouvais très personnel, très élégant, un objet qui appartient et qui est propre à la personne en fait. 
Et donc je me suis penché sur la création de ces petits objets en série, en cep de vigne.


Comment t’es venue l’idée de te spécialiser dans le tournage de cep de vigne ?

Cette idée m'est venue parce que j’habite dans une région viticole que j’adore et que j’ai voulu mettre en avant. Toute ma vie j’ai réfléchi à ce que je pouvais faire de mes mains, de moi-même, pour valoriser ce que j’avais aux alentours de chez moi. J’ai toujours cherché la richesse qui m’entourait pour pouvoir en tirer partie.
Ce qui m’entoure le plus chez moi c’est la cep de vigne, tous nos beaux châteaux, tous ces vignobles que je vois au fil des saisons changer.
J’ai donc voulu mettre en avant ma région dans mes créations. 

Peux-tu nous expliquer la particularité de travailler la cep de vigne ?

 Alors la particularité c’est qu’on est sur une matière première qui est très difforme. Il n’y a pas deux pieds de vignes qui ont poussé ou qui ont été taillés de manière identique.
Après ce qu’il faut savoir c’est que la cep de vigne n’est pas un arbre, c’est une liane. C’est donc très tortueux. 
Et au niveau contrainte ce sera très fissuré, très granuleux aussi à l’aspect et au toucher et ça va être souvent très envahi de bébêtes à l’intérieur. Donc ça va être un gros gros travail de sélection le cep de vigne comparé à n’importe quel autre essence de bois que ce soit fruitiers ou feuillus. 
La particularité ça va vraiment être ça.
Ensuite les couleurs vont s’entremêler du fait que ce soit une liane. Donc des couleurs qui s'entremêlent naturellement, des couleurs très tranchantes, des couleurs qui peuvent être très blanches comme très noires, qui peuvent après foncer et s’éclaircir au fil du temps et surtout le séchage du pied de vigne.
Et moi ce que j’aime là-dedans c’est que c’est une matière ou on ne gagne pas à tous les coups. C’est une matière avec laquelle je dois me battre et développer des techniques pour pouvoir arriver à la travailler le plus facilement possible.


Tu travailleras d’autres essences nobles uniquement pour Mon Stylo Français comme par exemple l’acacia avec une histoire assez particulière. Tu nous parles de ces deux essences ? 

Alors l’acacia oui effectivement, c’est une matière première que l’on utilise dans nos vignobles depuis des temps ancestraux qui, petit à petit est en train d’être remplacé malheureusement par des piquets en ferraille. En fait l’acacia sert de piquets qui viennent supporter les fils de fer de nos pieds de vigne pour pouvoir les travailler tout au long de l’année. Donc c’est une essence que l’on trouve dans nos vignobles assez fréquemment même si aujourd’hui il commencent à disparaitre pour laisser place à des piquets en pvc ou métallique.
C’est une essence qui est assez sympathique. L’acacia est magnifique, j’adore ce bois qui a un aspect un peu brillant et il était hors de question que je ne travaille pas cette matière première.
Concernant l’olivier, ce n’est pas du tout un bois de chez moi. L’olivier c’est un coup de cœur en fait. Quand j’ai commencé à me passionner pour le tour à bois, je n’étais pas du tout en entreprise, c’était simplement pour m’amuse. Ma femme m’a offert un mandrin à stylo pour noël pour mettre sur mon tour à bois et ça a été je pense le plus beau cadeau que j’ai pu avoir puisqu’il m’a servi à trouver ma voie.
Et l’olivier a été la première essence que j’ai tourné en stylo parce que j’avais un petit morceau d’olivier qui traînait à l’atelier. J’ai vendu ce stylo à la mère d’un ami d’enfance. C’est un peu pour ça que je veux proposer cette essence.

Il y aura aussi une grosse exclusivité mondiale sur Mon Stylo Français ! Il me semble que cette exclusivité était jadis du bois de chêne avant d’être une première fois transformé en douelle de barrique des vins de Bordeaux… Tu nous expliques ?

La barrique c’est tout une histoire ! C’est du bois de chêne qu’on va retrouver pour constituer la barrique, parce que forcément lorsqu’on laisse macérer les vins de nos grands vignobles pendant plusieurs mois, il ne faut pas qu’elles fuient. On a toujours eu l'exclusivité sur les plus belles planches de chêne pour en faire des tonneaux depuis très très longtemps. Aujourd’hui c’est une matière première que je n’utilise pas forcément pour faire des stylos mais plutôt pour faire de l’art déco. Pour mettre un peu plus en avant les matériaux de nos vignobles et aussi pour me donner un plus large horizon de conception.
Et à partir de là, je me suis dit que ça pouvait être sympathique de créer des parures 100% vignoble et de marier la douelle de barrique sur certaines créations et le cep de vigne sur d’autres, ainsi que les piquets d’acacia.
 

On peut clairement parler de recyclage puisque tu redonnes vie à des matières qui auraient dû partir en déchetterie ou autre. Je te sais sensible également à l’écologie, on est en plein dedans là. C’est une fierté j’imagine ?

On va dire que c’est un pari qui n’est pas encore gagnant, une entreprise c’est un pari de tous les jours. Mais c’est vraiment ce que je voulais créer depuis toujours ! Pouvoir faire quelque chose, pouvoir offrir quelque chose de mes mains avec ce qui m’entourait, donc forcément ça reste du recyclage, ça reste de la récupération, de la revalorisation de matériaux. Oui effectivement ça fait partie de mon éthique un petit peu, de vouloir vivre de tout ce qui m’entoure.
J’aime chercher ce qu’il y a au plus près de chez moi et ne pas aller me perdre au milieu des grands centres commerciaux. J’aime vivre avec ce que l’on a au lieu d’aller chercher ce que l’on a pas. Chez nous les matières qui sont entassées par milliers de pieds les uns sur les autres sont brûlées dans les champs quand c’est trop vieux, certains partent pour la grillade, pour la cheminée en bois de chauffage…

Tu ne te contentes pas de faire que des stylos, tu as aussi d’autres cordes à ton arc. Tu feras également d’autres produits destinés aux entreprises, CE et autres clients. Quels seront-ils ?

Au niveau de mes ceps de vignes je ne pourrai jamais sortir de gros produits comme pour la douelle de barrique, c’est beaucoup d’assemblage, beaucoup de temps passé. Ce sont des produits qui seraient hors de prix.
Ce que je propose aujourd’hui ce sont des porte-clés, et je mets en avant nos entreprises avec des « goodies » de luxe. On n’est pas sur des produits asiatiques, on est sur des pièces uniques. On sort donc du commun et de la zone de confort des grandes entreprises, mais on marque aussi le coup avec des pièces uniques.
Les porte-clés en cep de vigne, en douelle de barrique, les stylos bien sûr, mais je propose aussi des goodies en liège comme des dessous de verre, des magnets de frigo, des cartes postales…

Tu fais partie des rares artisans qui vivent de cette passion en y travaillant à temps plein. Que penses-tu que Mon Stylo Français pourra t’apporter ?

Déjà un partenariat, moi je trouve ça hyper important. Je travaille déjà beaucoup avec des partenariats mais pas des partenariats commerciaux. Mon Stylo Français fait partie des seuls où des rares partenaires commerciaux.
Je trouve que s’unir c’est une force, une visibilité et ça profite à tout le monde, aussi bien l’un que l’autre on a quelque chose à gagner. Par exemple aujourd’hui je travaille avec un abat-jouriste pour créer des premiers prototypes d’abat-jours sur mes lampes. En fait ce qui est important c’est de mettre en avant le travail des uns et des autres pour que l’on puisse avoir une plus grosse visibilité et pouvoir vivre le plus décemment possible de son activité.


Artisan d’art depuis peu… ça aussi c’est une fierté ?

Je n’ai pas eu la chance d’avoir tous mes diplômes et c’est vrai que quand on a une reconnaissance de son travail comme ça, qu’on délivre un « titre » sur notre travail, forcément on est fier !! D’ailleurs ce jour-là, on a ouvert notre meilleure bière ambrée qu’on avait à la cave !
C’est vrai que ça n’apporte rien financièrement, ça ne rapporte pas grand-chose mais c’est une fierté d’avoir une reconnaissance de son travail. 

A propos d’artisanat, c’est quoi un artisan selon toi ?

C’est quelqu’un qui vit du local tout simplement. Que l’on soit artisan d’art comme moi, artisan du bâtiment ou artisan boulanger, on vit grâce aux gens qui nous entourent, on vit proche chez nous les trois quart du temps. Dans le bâtiment ils font des chantiers autour de chez eux, le boulanger vend son pain aux gens de son village ou de son quartier. Être artisan c’est être proche de son public je pense, c’est avoir un devoir de conseil, c’est pouvoir répondre aux questions, c’est pouvoir s’adapter à la demande, Artisan oui, c’est tout ça.

Et toi, tu es plutôt porte-mine, bille, roller ou plume ?

Alors moi je suis plutôt stylo roller. Mais je les utilise tous en fonction de ce que je fais. 
J’ai forcément un stylo bille qui me suis partout dans mon camion avec mon agenda. J’ai un stylo roller et un stylo plume qui sont posés sur mon bureau et je fais aussi bien ma paperasse au stylo plume qu’au roller, mais j’ai une tendance pour le roller.
 

Merci beaucoup pour cette interview de présentation !

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